poumon d’oiseau ÉPHÉMÈRE
Das im wörtlichsten Sinne atemberaubende Gedicht von Béatrice Bonhomme „Poumon d’oiseau éphémère“ behandelt die Fragilität allen Lebens: wir sind immer nur einen Atemzug vom Tod entfernt, fällt der Atem aus, fallen wir augenblicklich ins Nichts. Die intensive, bildgewaltige Sprache von Béatrice Bonhomme regte mich zu einer Musik voller luftiger, fragiler Klänge als auch dumpfer, pulsierender Geräusche an. Am Schluss bleibt Resignation aber auch eine grosse Zärtlichkeit für das Kostbare und Unwiederbringliche des Lebens. je repense à l’homme qui revit soudain entouré de sa famille on le croit sauvé il sourit le soir il semble fatigué, nerveux et le lendemain, prostré, agonique la mousse verte comme une crème une mousse d’étoile a envahi son corps de poumon et d’algues il ne respire plus (…) Je vois le carrefour de nuit et le souffle coupé alors qu’il est si pur le lien à la solitude je vois le carrefour de nuit dans ta magnifique indifférence toi, toujours là à mes côtés dans l’indifférence des poissons aux branchies d’algues bleues et qui recherchent l’air (…) je repense sans cesse à l’homme qui se croit sauvé et puis soudain sent que c’est fini et se replie dans l’étreinte de fer d’une mousse la mâchoire qui ne s’ouvrira plus dans le lichen de la mort (…) je ne peux que repenser à la mollesse absurde de la mousse qui ronge le dépôt de limon et la perte du fleuve je ne peux que penser au poumon lentement rongé à la moustiquaire verdie de la mort (…) il croit qu’il est sauvé et d’un coup cette sensation de libération comme les convalescences d’enfant et puis grandit la poigne de la mousse s’élargit comme un faisceau de plumes dans l’arbresle des poumons et pluine d’étoiles en fer au centre des carrefours de neige rejoint cette sensation d’être bloqué à jamais dans la mâchoire du poisson qui plus jamais ne saisit l’air des libellules mais seulement la bouche ouverte tendue en vain vers l’unique ruisseau de l’espace (…) Comment remercier pour ce si petit fil d’espoir et de salive de respiration fine que semble parfois confier l’air aux poumons de silence ? Il dit si je réchappe… mais la mousse rattrape l’élan bleu à vouloir vivre sans cesse, sans fin et à se résigner dans la pourriture verdie des poumons d’oiseaux autrefois jadis et d’espace dans tes poumons d’oiseau éphémère (Béatrice Bonhomme)
UA Zürich 26.6.2023
Sarah Kollé, Sopran
Bläserserenaden Zürich